Métaplasie squameuse de l’épithélium conjonctival d’origine nutritionnelle chez les lézards

Auteurs-es

  • Norin Chai Sovago Author

Mots-clés :

Hypovitaminose A, Lézards insectivores, Métaplasie squameuse, Dysecdysis périoculaire, Rétinol, Supplémentation vitaminique

Résumé

La métaplasie squameuse de la conjonctive représente l’une des manifestations les plus caractéristiques de l’hypovitaminose A chez les lézards insectivores. Le rétinol est indispensable au maintien du phénotype mucosécrétant des épithéliums oculaires ; sa carence entraîne une perte des cellules caliciformes, une altération du film lacrymal et une kératinisation progressive de la surface oculaire. Les espèces insectivores, en particulier les geckos léopards et les caméléons, sont particulièrement exposées en raison de la faible teneur en vitamine A des insectes d’élevage non supplémentés et de leur capacité limitée à convertir les caroténoïdes en rétinol.

La physiologie oculaire propre aux Gekkota, notamment la présence du spectacle et de l’espace subspectaculaire, amplifie les conséquences du déficit en rétinol en favorisant la stagnation des sécrétions et l’accumulation de débris kératinisés. Sur le plan clinique, l’hypovitaminose A se traduit par une blépharite, une xérophtalmie, des sécrétions épaisses, une kératinisation conjonctivale et, dans les cas avancés, par une opacification du spectacle ou une kératite ulcéreuse. Des signes systémiques tels que dysécydise, anorexie, léthargie ou chéilite peuvent accompagner les lésions oculaires.

 

Le diagnostic repose principalement sur l’anamnèse nutritionnelle, l’évaluation des conditions de maintenance et l’examen ophtalmologique, les dosages plasmatiques de rétinol étant peu contributifs chez les reptiles. La prise en charge associe supplémentation prudente en vitamine A, soins oculaires locaux, correction de l’environnement, soutien nutritionnel et retrait des débris subspectaculaires lorsque nécessaire. Le pronostic est favorable en cas d’intervention précoce, mais les cas chroniques peuvent évoluer vers des lésions irréversibles telles qu’une fibrose cornéenne ou une cécité permanente.

La prévention nécessite une gestion rigoureuse des insectes nourriciers (gut-loading riche en vitamine A et minéraux), l’utilisation de compléments multivitaminés contenant du rétinol, le renouvellement régulier des suppléments et une diversité alimentaire adaptée. L’éducation des propriétaires demeure un élément central pour éviter une affection largement évitable mais encore fréquente dans la pratique clinique des reptiles.

Publié

2025-12-26

Numéro

Rubrique

Pratique

Catégories

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